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14 février 2019 : séminaire doctoral « L’éducation dans le cadre des transferts culturels : approches interculturelles dans les contextes pluricult...

14 février 2019 : séminaire doctoral « L’éducation dans le cadre des transferts culturels : approches interculturelles dans les contextes pluriculturels et migratoires »

Séminaire organisé par Olivier MEUNIER (RECIFES) & Si Yan JIN (TEXTES ET CULTURES)
14 février 2020 - Maison de de recherche - Université d’Artois

Présentation

L’éducation dans le cadre des transferts culturels : approches interculturelles dans les contextes pluriculturels et migratoires.

Les contextes pluriculturels des sociétés, des régions, des Etats tendent à devenir la norme, tandis que les conflits qui peuvent en découler, qu’ils soient nationaux, ethniques, religieux, communautaires, ségrégationnistes, racistes, génocidaires, etc., sont profondément destructeurs et parfois demeurent enracinés dans les consciences à travers les générations, prêts à resurgir après plusieurs décennies. Suite à la Seconde guerre mondiale, le Conseil de l’Europe a été créé pour que ses recommandations aux différents pays puissent favoriser la mise en place de mesures favorisant une paix durable ou dans une moindre mesure l’atténuation des conflits.

C’est ainsi que l’éducation dans les différents systèmes nationaux s’est vue confier la tâche de préparer les nouvelles générations à ne pas reproduire les erreurs de leurs parents ou de leurs grands-parents, favorisant ainsi une meilleure connaissance d’Autrui afin de limiter l’ethnocentrisme, l’ignorance, et les préjugés, même si les questions plus identitaires et donc plus politiques ne sont pas écartées par les Etats et les sociétés, comme la citoyenneté, l’appartenance nationale, une morale d’inspiration religieuse ou laïque tendant à restreindre les libertés culturelles et/ou individuelles y compris à l’école.

Alors que dans un premier temps l’éducation interculturelle/pluriculturelle avait pour mission de reconnaître des droits spécifiques aux minorités socioculturelles ou d’intégrer les migrants aux sociétés nationales, par la suite elle est devenue moins galvaudée, visant l’ensemble des élèves sans chercher a priori à établir de distinctions, devenant alors un peu plus « interculturelle ». Elle va alors se développer sous différentes formes avec les « éducations à… », mais aussi par des compétences qui sont inscrites dans les orientations des ministères de l’Education, comme la formation des enseignants à la diversité, à la pluriculturalité et à des approches interculturelles, notamment dans le cadre de l’apprentissage des langues étrangères.

Ainsi, il ne s’agit plus simplement de coexister ensemble dans nos différences, mais,  par le biais de l’éducation, d’être capable d’effectuer des transferts culturels, d’interagir avec les autres, de mettre en place des relations dialogiques fondées sur le respect et dans un cadre égalitaire au moins dans la classe, même si les aspects sociopolitiques et économiques des sociétés ou de ses composantes socioculturelles tendent à limiter sa portée, notamment à l’extérieur.

Plus récemment, la pauvreté, la faim, les guerres, etc. ont renforcé d’importants mouvements de migration qui sont venus s’ajouter à une présence parfois importante selon les pays et les sociétés de différentes traditions ethniques, religieuses ou culturelles dans un même espace géographique. Avec les nouvelles technologies de communication cette « présence » a dépassé les contextes nationaux pour devenir transnationale, remettant parfois en question des représentations nationalistes, « conservatrices », « républicaines », « féodales », « archaïques », relevant de l’imaginaire de la « cité » telle que certains philosophes l’ont sublimée, oubliant qu’elle reposait pourtant sur de profondes inégalités socioculturelles et économiques, comme l’esclavage sous sa forme ancienne ou l’exploitation capitaliste sous sa forme moderne. Le changement fait peur, mais c’est peut-être parce que l’éducation n’a pas préparé les Hommes à y faire face autrement qu’en exaspérant les « vieux démons ».

Cependant, cette globalisation – ou plus exactement ces nouvelles formes de domination orientées selon les préceptes de l’économie de marché – peut être encore plus destructrice que les antagonismes nationaux, ethniques ou communautaires, même si elle s’inscrit dans une violence symbolique chez la plupart des acteurs sociaux, ces derniers l’ayant si bien assimilée que la plupart de leurs aspirations consuméristes visent à la renforcer, rares étant ceux qui veulent réellement vivre autrement, pensant avoir plus à perdre qu’à gagner. L’idéologie capitaliste du XXIème siècle a d’ailleurs bien intégré la réalité multiculturelle du monde, sachant décliner des produits selon des orientations « culturelles » afin que les consommateurs puissent à travers ces derniers « s’identifier » et surtout consommer à outrance.

Alors, comment penser l’éducation interculturelle/multiculturelle du XXIème siècle ? S’agit-il uniquement de chercher à limiter les conflits, à accepter la diversité, à permettre à des sociétés d’intégrer « leurs » migrants, à préserver une appartenance nationale comme richesse partagée, à protéger la Nation quand elle est mise à l’épreuve et parfois défiée au nom de nouvelles rhétoriques telles que la prise en considération de la singularité de groupes, de la liberté religieuse, des différentes échelles de valeur etc. ?

Ainsi, la pluriculturalité que nous vivons au quotidien questionne notre altérité, notre capacité à dépasser nos préjugés sans pour autant perdre notre identité culturelle, mais aussi à la dépasser tout en nous enrichissant de nos interactions avec d’autres cultures. Le concept de « reprise d’initiative » tel que G. Balandier l’avait formulé au moment des Indépendances pourrait être une base de réflexion à ce séminaire portant sur l’éducation dans le cadre des transferts culturels : comment amener les futures générations à dépasser leur propre ancrage culturel sans pourtant le renier, comment favoriser l’intégration de populations migrantes sans les discriminer pour autant, comment favoriser une pensée critique à l’égard des rhétoriques qui créent des tensions à l’intérieur de la société et qui font référence à des concepts culturels différents et parfois contradictoires, des résistances à l’intégration dans certains pays ou la création d’entités sub-nationales dans d’autres, des remises en question de l’autorité nationale et des références « républicaines » ou d’un républicanisme exacerbé dans d’autres ?

L’objectif de ce séminaire est d’initier une réflexion sur l’impact que peut avoir l’Éducation (au sens large du terme), ainsi que la communauté des éducateurs, afin de faire du pluriculturalisme ambiant une opportunité à travers les transferts culturels potentiels et des approches interculturelles plus égalitaires, pour plus d’ouverture, plus de cohésion et plus d’appartenance dans une société donnée et entre les diverses communautés aussi bien au niveau national qu’au niveau international.

 

 

Programme

8h50-9h : accueil des participants (petit-déjeuner)

9h-10h :

-       Conférence d’ouverture : les enjeux des approches interculturelles en éducation : le cas du Mexique (Olivier Meunier, RECIFES - Université d’Artois) ;

-       10h15-10h30 : échanges avec les doctorants.

10h30-11h30 :

-       Conférence : « La question identitaire et migratoire à l'école » (Françoise Lorcerie, directrice de recherche émérite CNRS, Institut de Recherches et d’Études sur les Mondes Arabes et Musulmans (IREMAM)) ;

-       11h30-11h45 : échanges avec les doctorants.

11h45-12h45 :

-       Conférence : « la question de la relation famille-école dans les contextes pluriculturels et migratoires » (Tania Ogay, professeure ordinaire en anthropologie de l’éducation et de la formation, Université de Fribourg) ;

-       12h-45-13h : échanges avec les doctorants.

13h-13h45 : déjeuner

13h45-14h45 :

-       Conférence : « Les nouvelles écoles occidentales en Chine moderne » (Jin Siyan, professeure des universités, Textes et cultures - Université d'Artois ;

-       14h45-15h : échanges avec les doctorants.

15h-16h :

-       Le système éducatif dans le royaume du Xixia (Romain Lefebvre, maître de conférences, université d’Artois) ;

-       16h-16h15 : échanges avec les doctorants.

16h15-17h15 :

-       Discussion conclusive sur les enjeux des transferts culturels en éducation animée par Si Yan JIN  avec l’ensemble des participants.